Tech
Apple Vision Pro 2 : le spatial computing devient-il enfin utile au quotidien ?
Plus léger, plus autonome, moins cher : Apple Vision Pro 2 corrige les défauts de son prédécesseur. Mais le spatial computing est-il vraiment prêt pour le grand public ? Notre analyse des usages réels qui ont émergé en deux ans d’existence.
Quand Apple a lancé le Vision Pro original en 2024, les réactions ont oscillé entre l’émerveillement technologique et le scepticisme pragmatique. Superbe, oui. Révolutionnaire dans ses ambitions, certainement. Mais utile dans la vraie vie, à 3 500 dollars avec une autonomie de deux heures ? Beaucoup moins. Deux ans plus tard, Apple revient avec une version améliorée, et la question fondamentale reste la même : le spatial computing peut-il enfin sortir du stade de démonstration technologique pour devenir une partie de notre quotidien ?
Ce que la version 2 améliore concrètement
Apple a écouté les critiques. Le Vision Pro 2 est significativement plus léger — environ 100 grammes de moins que son prédécesseur, ce qui peut sembler anecdotique mais fait une différence réelle après une heure d’utilisation. L’autonomie est passée à 4 heures en utilisation active, la puce M4 réduit la chaleur dégagée, et le prix a baissé à 2 799 dollars — toujours premium, mais moins intimidant.
Mais la vraie nouveauté vient de visionOS 3 et de l’écosystème applicatif. En deux ans, les développeurs ont compris ce qui fonctionnait réellement sur ce format. Les applications de productivité — notamment les clients d’Office 365 et la suite Google Workspace en version spatiale — permettent enfin de travailler avec plusieurs « écrans » virtuels sans avoir à jongler entre des fenêtres physiques. Pour qui travaille dans un espace restreint, c’est une proposition de valeur réelle.
Les cas d’usage qui ont émergé organiquement
Contrairement à ce qu’Apple avait imaginé dans ses campagnes marketing initiales, les usages qui ont le mieux fonctionné ne sont pas forcément ceux qui étaient mis en avant. Les chirurgiens qui l’utilisent pour visualiser des scanners 3D en salle d’opération, les architectes qui se « promènent » dans des bâtiments avant leur construction, les pilotes de ligne qui s’entraînent sur des simulateurs immersifs : ces applications professionnelles de niche justifient pleinement le prix.
Du côté grand public, le visionnage de films et de contenus immersifs reste l’expérience la plus convaincante. Apple TV+ a investi massivement dans des contenus exclusifs en 3D spatiale, et Disney+ a emboîté le pas avec une sélection grandissante de films en format immersif. L’expérience est genuinement différente d’un écran classique — surtout pour les documentaires nature et les événements sportifs.
Le problème social que la technologie ne résout pas
Il reste un obstacle que ni Apple ni ses concurrents n’ont vraiment adressé : le facteur social. Porter un casque de réalité mixte en public ou dans un open space reste socialement bizarre. La fonctionnalité EyeSight — qui affiche les yeux de l’utilisateur sur l’écran externe — était une tentative de solution, mais la « vallée de l’étrange » qu’elle crée est peut-être pire que l’isolement pur. Jusqu’à ce que ces appareils ressemblent davantage à des lunettes normales qu’à un casque de ski futuriste, la question de l’adoption de masse restera sans réponse satisfaisante.
Meta travaille sur des lunettes AR beaucoup plus discrètes. Samsung prépare ses propres lunettes mixtes. La course est lancée pour trouver le form factor qui rendra le spatial computing socialement acceptable. D’ici là, le Vision Pro 2 reste une technologie fascinante pour les early adopters et les professionnels aux besoins spécifiques. Le reste d’entre nous attendra encore un peu.
Tech
Ondes à 40 hertz contre Alzheimer, sursaut radio record, vieillissement des chiens : les découvertes qui marquent l’automne 2026
La stimulation cérébrale à 40 hertz accumule les résultats encourageants contre la maladie d’Alzheimer, en attendant un essai décisif. Tour d’horizon des avancées scientifiques de la saison.
Une lumière qui clignote quarante fois par seconde pourrait-elle ralentir la maladie d’Alzheimer ? La piste des ondes cérébrales gamma franchit une nouvelle étape, tandis que le télescope James Webb remonte la trace du sursaut radio le plus lointain jamais observé et que la génétique éclaire le vieillissement accéléré des grands chiens. Tour d’horizon des découvertes qui marquent cet automne.
Alzheimer : la piste des 40 hertz se précise
Le cerveau fonctionne au rythme d’oscillations électriques. Parmi elles, les ondes dites gamma, autour de 40 hertz, jouent un rôle dans l’attention et la mémoire, et elles sont perturbées chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. En 2016, l’équipe de la neuroscientifique Li-Huei Tsai, au MIT, montrait dans la revue Nature qu’une lumière clignotant à 40 hertz réduisait chez la souris les plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie. Depuis, une question domine : l’effet se retrouve-t-il chez l’humain ?
Les éléments s’accumulent. Le 25 septembre 2026, la société californienne Clarity a publié dans The Journal of Prevention of Alzheimer’s Disease une étude de faisabilité portant sur onze personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’un trouble cognitif léger lié à celle-ci. Les participants ont reçu, dans un casque de réalité virtuelle, une stimulation lumineuse et sonore synchronisée à 40 hertz, ainsi qu’une stimulation factice. L’électroencéphalogramme a enregistré une activité à 40 hertz nettement plus forte sous stimulation active. Dans des analyses exploratoires, les participants retenaient mieux les informations présentées pendant la stimulation. Aucun effet indésirable grave n’a été signalé.
Ces résultats prolongent ceux de l’équipe du MIT, publiés fin 2025 dans Alzheimer’s & Dementia. Cinq volontaires d’un premier essai ont poursuivi chez eux, pendant environ deux ans, une heure quotidienne de stimulation lumineuse et sonore à 40 hertz. Chez les trois patientes atteintes d’une forme tardive de la maladie, le déclin cognitif a été plus lent que chez des milliers de patients comparables issus de bases de données nationales. Chez les deux d’entre elles qui ont fourni des prélèvements sanguins, le taux de pTau217, un marqueur de la maladie, a baissé de 47 % et de 19,4 %. Les deux hommes atteints d’une forme précoce n’en ont en revanche tiré aucun bénéfice significatif.
L’échéance décisive approche. La société américaine Cognito Therapeutics a recruté 673 patients dans 70 centres aux États-Unis pour HOPE, l’essai pivot de son dispositif Spectris. Après une levée de 105 millions de dollars en mars 2026, l’entreprise attendait ses premiers résultats d’ici la fin de l’année, en vue d’une demande d’autorisation auprès de la FDA et d’une commercialisation envisagée en 2027. Dans un essai précédent mené sur 76 patients, elle avait rapporté un ralentissement de 76 % du déclin mesuré par le MMSE, un test cognitif de référence, et de 69 % de la perte de volume cérébral sur six mois.
La prudence reste de mise. Les échantillons sont minuscules, la comparaison du MIT repose sur des bases de données et non sur un groupe témoin, et les chiffres de Cognito proviennent de l’entreprise elle-même. Les auteurs le reconnaissent : seuls de grands essais randomisés diront qui peut en bénéficier. Mais face à la démence, dont la maladie d’Alzheimer est la première cause et qui touche selon l’Organisation mondiale de la santé plus de 55 millions de personnes dans le monde, une thérapie non invasive, utilisable à domicile, constituerait une avancée considérable.
Le plus lointain sursaut radio jamais observé
Le 8 octobre 2026, une équipe menée par Manisha Caleb et Themiya Nanayakkara (université de Sydney) a publié dans Science l’identification de la galaxie hôte de FRB 20240304B, le plus lointain sursaut radio rapide connu. Ces éclairs radio, qui ne durent que quelques millisecondes, restent l’une des énigmes de l’astrophysique. Détecté en mars 2024 par le radiotélescope sud-africain MeerKAT, celui-ci a été émis lorsque l’Univers n’avait qu’environ 3 milliards d’années, ce qui fait plus que doubler le précédent record de distance.
Grâce au télescope spatial James Webb, les chercheurs ont localisé sa source : une petite galaxie pauvre en éléments lourds et en pleine formation d’étoiles, invisible pour les plus grands télescopes terrestres. Ce profil conforte l’hypothèse selon laquelle certains de ces sursauts proviennent de magnétars, des étoiles à neutrons jeunes et extrêmement magnétisées.
Pourquoi les grands chiens vieillissent plus vite
Un dogue allemand dépasse rarement dix ans, quand un chihuahua peut vivre deux fois plus longtemps. Une étude publiée le 8 octobre dans Science par Blaise Mariner et Noah Snyder-Mackler (Arizona State University) avance une explication moléculaire. À partir du sang de 894 chiens du Dog Aging Project, les chercheurs ont construit des « horloges épigénétiques » fondées sur la méthylation de l’ADN. Les grands chiens vieillissent un peu plus vite à chaque année de vie, et ce vieillissement s’accompagne d’une perte de marques chimiques sur les éléments transposables, ces « gènes sauteurs » qui pourraient alors devenir hyperactifs et favoriser l’inflammation. Le lien avec la sélection des races de grande taille reste une hypothèse, et les résultats ne sont pas transposables à l’humain sans études dédiées.
L’IA entre au laboratoire
L’automne a aussi confirmé l’arrivée de l’intelligence artificielle comme instrument de recherche à part entière, de la vérification de la preuve du théorème de Fermat à la découverte d’un système enzymatique inédit. Nous y consacrons un article dédié : Fermat, CRISPR, venins et circuits quantiques : les trois mois où l’IA d’Anthropic est devenue chercheuse.
Sources : Clarity (28 septembre 2026) ; MIT News (14 novembre 2025) ; Cognito Therapeutics ; HLTH (6 mars 2026) ; Sci.News ; Live Science.
Image d’illustration — Photo : Chris Hope / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
Tech
iPhone Duo : prix, fiche technique, avis… tout savoir sur le premier iPhone pliable d’Apple
L’iPhone Duo, premier smartphone pliable d’Apple, est en vente depuis le 23 octobre à partir de 1 999 $. Écrans, puce A20 Pro, autonomie, appareil photo, défauts : notre point complet.
Apple a pris son temps, mais il est enfin là. Annoncé le 9 septembre 2026 et en vente depuis le 23 octobre, l’iPhone Duo est le premier smartphone pliable de la marque. Deux écrans, une charnière en titane, la nouvelle puce A20 Pro et un prix de départ de 1 999 dollars : voici tout ce qu’il faut savoir sur l’appareil le plus ambitieux d’Apple depuis des années.
L’essentiel en bref
- L’iPhone Duo est le premier smartphone pliable d’Apple, en vente depuis le 23 octobre 2026.
- Il associe un écran extérieur de 5,4 pouces et un écran intérieur de 7,6 pouces, avec la puce A20 Pro gravée en 2 nm.
- Prix : à partir de 1 999 dollars (256 Go), jusqu’à 3 199 dollars (2 To).
- Les tests saluent la charnière et l’écran, mais des fissures le long du pli ont été signalées.
Le concept : un iPhone qui se déplie en mini-tablette
L’iPhone Duo adopte le format « livre » : fermé, c’est un smartphone compact ; ouvert, il dévoile un grand écran proche d’une petite tablette.
- Écran extérieur : 5,4 pouces Super Retina XDR OLED ;
- Écran intérieur : 7,6 pouces Super Retina XDR OLED, avec un revêtement nano-texture qui réduit les reflets et rend le pli moins visible ;
- Les deux écrans sont en 120 Hz ProMotion, toujours allumés (Always-On), avec un pic de luminosité de 3 000 nits en extérieur.
Fermé, l’appareil mesure 84,1 × 117,8 × 11,3 mm. Ouvert, il ne fait que 5,2 mm d’épaisseur, ce qui en fait l’iPhone le plus fin jamais conçu une fois déplié. Il pèse 254 grammes. Le châssis et le capot de la charnière sont en titane de grade 5, avec une certification IP68.
Fiche technique de l’iPhone Duo
- Puce : A20 Pro gravée en 2 nm, avec chambre à vapeur. CPU 6 cœurs, GPU 7 cœurs. Apple annonce jusqu’à 20 % de CPU et 40 % de GPU en plus par rapport à l’A19 Pro ;
- Stockage : 256 Go, 512 Go, 1 To ou 2 To ;
- Appareil photo arrière : capteur principal Fusion 48 Mpx (f/1.6, stabilisation par déplacement du capteur) et ultra grand-angle 48 Mpx (120°, mode macro) ;
- Caméras avant : 12 Mpx Center Stage sur l’écran extérieur, caméra sous l’écran intérieur pour FaceTime ;
- Vidéo : 4K Dolby Vision jusqu’à 120 i/s ;
- Déverrouillage : Touch ID dans le bouton latéral (pas de Face ID) ;
- Connectivité : modem Apple C2, puce N1 (Wi-Fi 7, Bluetooth 6, Thread), UWB 2e génération, fonctions satellite, eSIM uniquement ;
- Système : iOS 27.1, avec Split View et des interfaces adaptées au pliage ;
- Coloris : Star White et Night Sky.
Autonomie et recharge
L’iPhone Duo embarque deux batteries, une dans chaque moitié, dont Apple ne communique pas la capacité. La marque annonce jusqu’à 24 heures d’utilisation typique, 44 heures de lecture vidéo sur l’écran extérieur et 31 heures sur l’écran intérieur. La recharge rapide permet d’atteindre environ 50 % en 20 minutes avec un chargeur USB-C de 60 W ou plus, et la recharge sans fil MagSafe/Qi2 monte à 25 W. Comme d’habitude, aucun chargeur n’est fourni dans la boîte.
Prix et disponibilité
- 256 Go : 1 999 $ ;
- 512 Go : 2 199 $ ;
- 1 To : 2 599 $ ;
- 2 To : 3 199 $.
Soit environ 700 dollars de plus que l’iPhone 18 Pro Max. Les précommandes ont ouvert le 16 octobre et les ventes ont commencé le 23 octobre dans plus de 70 pays, 28 autres marchés suivant le 30 octobre. La demande est forte : le jour du lancement, Apple annonçait des délais de livraison jusqu’à fin janvier 2027 aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les prix en euros pour la France n’étaient pas détaillés dans les premiers comptes rendus ; vérifiez-les sur l’Apple Store avant de commander.
Les compromis par rapport aux iPhone Pro
Pour loger deux écrans et deux batteries, Apple a fait des choix. L’iPhone Duo n’a pas de téléobjectif, pas d’ouverture variable, pas de ProRes ni d’Apple Log pour la vidéo professionnelle, et pas de Face ID. Le testeur Jason Cross a d’ailleurs jugé le capteur principal moins bon que celui de l’iPhone 18 Pro en basse lumière.
Ce qu’en disent les premiers tests
Les avis sont majoritairement positifs. Les testeurs saluent unanimement la qualité de la charnière, de l’écran et du design. Engadget le qualifie de « pliable de première classe », Gizmodo estime qu’Apple a eu raison d’attendre pour peaufiner le concept.
Les critiques portent sur deux points :
- L’optimisation des applications, encore inégale. Les apps adaptées portent un badge « Made for iPhone Duo » ;
- L’autonomie, jugée variable : suffisante pour une journée chargée selon CNET, plus juste en usage intensif selon The Verge.
Attention au pli : des premiers cas de fissures
Comme souvent avec les pliables, la durabilité est la grande question. Des propriétaires ont signalé des fissures le long du pli de l’écran intérieur, parfois accompagnées de lignes lumineuses. Un utilisateur australien évoque des dégâts après six heures et moins de vingt ouvertures. Apple a remplacé certains appareils et précise qu’aucune mise à jour logicielle ne peut corriger un problème de charnière. L’ampleur du phénomène reste inconnue.
Point positif : la couche supérieure de l’écran intérieur est remplaçable, pour 19 dollars avec AppleCare+.
Faut-il craquer pour l’iPhone Duo ?
Si vous rêvez d’un grand écran dans la poche et que le budget n’est pas un problème, l’iPhone Duo est sans doute le pliable le plus abouti du marché. Mais pour la plupart des utilisateurs, l’iPhone 18 Pro Max reste plus raisonnable : moins cher, mieux équipé en photo et sans risque lié au pli. Notre conseil : si la durabilité vous inquiète, attendez quelques semaines que la situation des fissures soit clarifiée.
Plus d’actualités dans notre rubrique Tech.
Questions fréquentes
Quel est le prix de l’iPhone Duo ?
L’iPhone Duo coûte 1 999 dollars en 256 Go, 2 199 dollars en 512 Go, 2 599 dollars en 1 To et 3 199 dollars en 2 To.
Quand sort l’iPhone Duo ?
Il a été annoncé le 9 septembre 2026, ouvert en précommande le 16 octobre et mis en vente le 23 octobre 2026 dans plus de 70 pays.
L’iPhone Duo a-t-il un problème d’écran ?
Des propriétaires ont signalé des fissures le long du pli de l’écran intérieur. Apple a remplacé certains appareils, mais l’ampleur du problème reste inconnue.
Sources : Macworld, AppleInsider, Engadget, Gizmodo. Photo : SimonWaldherr / Wikimedia Commons (CC BY 4.0).
Drones
Livraison par drone : Walmart dépasse le million de colis, Zipline et Wing accélèrent
Plus d’un million de livraisons par drone chez Walmart, 2 millions pour Zipline, l’arrivée des drones dans les hôpitaux : état des lieux de la livraison par drone en 2026, aux États-Unis et en Europe.
Longtemps cantonnée aux démonstrations, la livraison par drone est entrée dans une phase industrielle. Aux États-Unis, Walmart a franchi le cap du million de livraisons par drone, Zipline revendique plus de deux millions de vols commerciaux dans le monde, et les hôpitaux adoptent la technologie. État des lieux d’un marché qui décolle enfin.
L’essentiel en bref
- Walmart a dépassé le million de livraisons par drone en mai 2026, avec un délai moyen d’environ 23 minutes.
- Zipline est le leader mondial, avec plus de 2 millions de livraisons commerciales en janvier 2026.
- Wing (Alphabet) doit équiper plus de 270 magasins Walmart d’ici 2027 ; Amazon Prime Air reste en retrait.
- En France, il n’existe pas encore de service grand public de livraison par drone.
Walmart, premier client de la livraison par drone
Le géant de la distribution est devenu le moteur du secteur. Walmart a dépassé le million de livraisons par drone en mai 2026, dont environ 40 % réalisées en un seul trimestre, depuis 66 magasins répartis dans quatre États. Le délai moyen entre la commande et la livraison est d’environ 23 minutes, et la livraison la plus rapide enregistrée n’a pris que 4 minutes et 44 secondes.
La région de Dallas-Fort Worth reste la zone la plus dense, rejointe en 2026 par Houston, Orlando et Tampa Bay. Dans la région de Charlotte, Wing et Walmart desservent désormais dix communes depuis sept magasins.
Les acteurs qui comptent
Zipline, le leader en volume
Né au Rwanda avec la livraison de poches de sang, Zipline est aujourd’hui le premier opérateur mondial, avec plus de 2 millions de livraisons commerciales en janvier 2026. Signe de son virage américain, plus de 70 % de son volume quotidien se faisait aux États-Unis à l’été 2026. Son système de dernière génération, Platform 2, peut transporter jusqu’à environ 3,6 kg. Au Texas, le tarif publié est de 0,99 dollar plus 20 % de frais de service, plafonnés à 6 dollars.
Wing, la filiale d’Alphabet
Issue de Google, Wing est le partenaire de Walmart pour son déploiement national, avec un objectif de plus de 270 magasins d’ici 2027. Ses drones emportent jusqu’à environ 1,1 kg.
Amazon Prime Air, le retardataire
Amazon a connu un parcours plus chaotique. Son drone MK30 (jusqu’à 2,3 kg de charge) vole en Arizona, au Texas et à Darlington, en Angleterre, mais le groupe a suspendu ses livraisons américaines en janvier 2025 après des accidents et fermé son activité italienne fin 2025. Amazon prévoit de démarrer à Tallahassee, en Floride, d’ici mi-novembre 2026, sous réserve d’un permis.
Les autres
Flytrex (Dallas-Fort Worth), Matternet et Valqari complètent le paysage américain, tandis que Manna (Irlande) et Everdrone (Suède) mènent des opérations en Europe.
La santé, terrain de prédilection
C’est sans doute dans le domaine médical que le drone démontre le mieux son utilité :
- La Cleveland Clinic livre gratuitement des médicaments sur ordonnance à ses patients par drone Zipline depuis août 2026 ;
- L’hôpital Tampa General achemine du sang total directement sur les lieux d’accidents graves ;
- Au Royaume-Uni, le NHS a généralisé le transport d’analyses par drone pour 1,8 million d’habitants du sud de Londres. Apian et Matternet ont déjà transporté environ 13 000 éléments entre hôpitaux londoniens.
Pourquoi ça décolle maintenant
L’argument économique est de plus en plus solide. Selon le PDG de Zipline, un vol de drone peut coûter environ 1 dollar à grande échelle, contre 9 à 11 dollars pour une livraison classique par la route. Ajoutez la rapidité, l’absence d’embouteillages et un bilan carbone favorable sur les petits colis, et l’équation devient séduisante pour la grande distribution.
Le principal frein reste réglementaire. Aux États-Unis, la règle Part 108, qui doit autoriser les vols hors vue à grande échelle, est toujours bloquée à la Maison-Blanche. En attendant, les opérateurs avancent à coups de dérogations.
Et en France ?
La France reste à l’écart de ce mouvement. Il n’existe pas de service grand public de livraison par drone comparable à ceux de Walmart ou de Zipline. Les vols hors vue relèvent de la catégorie « spécifique » de la réglementation européenne et nécessitent une autorisation de la DGAC au cas par cas. Les projets se concentrent surtout sur la logistique médicale et les zones isolées, à l’image d’une entreprise française qui étudie des livraisons vers l’île anglo-normande d’Aurigny.
Au Royaume-Uni, l’autorisation d’essai d’Amazon à Darlington expire en décembre 2026 : la décision de l’autorité de l’aviation civile (CAA) sera un signal important pour toute l’Europe.
Les défis à relever
- L’acceptabilité : bruit, survol des habitations et vie privée suscitent des réticences locales. Dans le Massachusetts, le gouverneur étudie une proposition de moratoire ;
- La sécurité : les incidents d’Amazon rappellent que la fiabilité doit être irréprochable au-dessus des zones habitées ;
- La charge utile : de 1 à 4 kg selon les modèles, ce qui suffit pour des médicaments ou un repas, pas pour les courses de la semaine.
Notre analyse
La livraison par drone n’est plus une promesse futuriste : aux États-Unis, c’est un service du quotidien pour des centaines de milliers de foyers. La question n’est plus de savoir si elle fonctionne, mais à quelle vitesse les régulateurs vont lui ouvrir le ciel. En Europe, le retard est réel, mais la santé pourrait servir de porte d’entrée, comme au Royaume-Uni.
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Questions fréquentes
Quelle entreprise livre le plus par drone ?
Zipline, avec plus de 2 millions de livraisons commerciales dans le monde en janvier 2026, dont plus de 70 % aux États-Unis à l’été 2026.
Combien coûte une livraison par drone ?
Au Texas, Zipline facture 0,99 dollar plus 20 % de frais de service, plafonnés à 6 dollars. Selon son PDG, un vol peut coûter environ 1 dollar à grande échelle.
La livraison par drone existe-t-elle en France ?
Pas de service grand public pour l’instant. Les vols hors vue nécessitent une autorisation de la DGAC au cas par cas, et les projets portent surtout sur la logistique médicale.
Sources : DroneXL, DroneXL (Zipline), Dronewatch Europe. Photo : Roksenhorn / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).
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