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Agriculture en crise : les exportateurs français et européens dévastés par les tarifs et les représailles chinoises
Le secteur agricole européen, pris dans les feux croisés de la guerre commerciale entre grandes puissances, fait face à une double peine. Les tarifs américains frappent les exportations de vins, fromages et produits transformés européens, tandis que les contre-mesures chinoises sur les produits agricoles occidentaux ferment un autre marché crucial.
Le vin français en première ligne
La filière viticole française, qui exporte pour 2,1 milliards d’euros par an vers les États-Unis, est dévastée. Un tarif de 20 % rend les vins français non compétitifs face aux productions californiennes, australiennes et chiliennes dans les rayons américains. Les négociants bordelais, bourguignons et de la vallée du Rhône rapportent des annulations de commandes en cascade. Le cognac, dont les États-Unis absorbent 45 % de la production mondiale, est particulièrement touché.
Les représailles chinoises sur le porc et les céréales
Pékin a riposté aux tarifs américains en imposant des droits de 80 % sur les importations de porc européen et de 60 % sur le blé et l’orge. L’Espagne, premier exportateur de porc vers la Chine, perd un marché de 3 milliards d’euros annuels. Le Danemark et les Pays-Bas sont également frappés. Les céréaliers français, qui avaient augmenté leurs livraisons vers la Chine après la rupture des flux russo-ukrainiens, se retrouvent soudainement avec des stocks excédentaires invendables.
La colère du monde agricole
Les syndicats agricoles européens organisent des manifestations dans les capitales du continent. Des tracteurs bloquent les autoroutes en France et en Allemagne. La FNSEA et la Copa-Cogeca demandent la mise en place immédiate de fonds d’indemnisation d’urgence pour les exploitants les plus touchés. La Commission Européenne a débloqué 5 milliards d’euros d’aides directes, mais les professionnels jugent ce montant insuffisant.