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L’industrie automobile européenne en état de choc : 200 000 emplois menacés par les tarifs américains
Le choc des tarifs douaniers américains de 20 % sur les importations automobiles européennes frappe de plein fouet une industrie qui représente 13 millions d’emplois directs et indirects dans l’Union Européenne. L’Allemagne, premier exportateur automobile vers les États-Unis, est en première ligne d’une crise qui pourrait redessiner la carte industrielle du continent.
L’ampleur de l’exposition européenne
L’Union Européenne exporte chaque année pour 56 milliards d’euros de véhicules et de pièces automobiles vers les États-Unis. L’Allemagne représente à elle seule 60 % de ce total, avec BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen/Audi comme principaux exportateurs. Un droit de douane de 20 % rendrait les modèles européens entre 8 000 et 25 000 dollars plus chers sur le marché américain — un handicap de prix qui les exclurait de fait de nombreux segments compétitifs.
Les plans d’urgence des constructeurs
BMW, qui produit déjà 400 000 véhicules par an dans son usine de Spartanburg (Caroline du Sud), étudie un doublement de sa capacité américaine pour contourner les tarifs. Mercedes envisage de transférer la production de certains modèles vers son usine de Tuscaloosa (Alabama). Volkswagen accélère la construction de son usine de véhicules électriques à Chattanooga. Mais ces relocalisations prennent des années et nécessitent des investissements de plusieurs milliards — un pari risqué si les tarifs sont levés entre-temps.
Les sous-traitants en première ligne
Les équipementiers de rang 1 et 2 — Bosch, Continental, ZF Friedrichshafen, Valeo, Faurecia — sont les plus vulnérables. Leurs marges, déjà comprimées par la transition vers l’électrique, ne peuvent pas absorber les surcoûts. Des centaines de PME de la sous-traitance automobile dans le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Lombardie et le Nord de la France font face à un risque de faillite si les commandes chutent durablement.