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TikTok banni aux États-Unis : six mois après, ce que le blocage a vraiment changé pour les créateurs et l’industrie
Six mois après l’entrée en vigueur du bannissement de TikTok aux États-Unis, le bilan est paradoxal. L’application a disparu des stores américains, mais ses 170 millions d’utilisateurs n’ont pas vraiment arrêté de consommer du contenu court. Analyse d’un choc dont les effets réels diffèrent largement des prédictions initiales.
Ce qui s’est passé réellement
Conformément à la loi signée par le Congrès, ByteDance n’a pas cédé ses actifs américains à un acheteur américain dans les délais impartis. TikTok a été retiré de l’App Store d’Apple et du Google Play Store en septembre 2025. Cependant, les utilisateurs ayant déjà l’application installée ont pu continuer à l’utiliser pendant plusieurs semaines via des mises à jour informelles. Et l’utilisation de VPN pour accéder à TikTok depuis les États-Unis a explosé — on estime que 40 % des ex-utilisateurs TikTok ont eu recours à cette méthode à un moment ou un autre.
Les bénéficiaires de l’exode
Instagram Reels et YouTube Shorts ont été les grands gagnants immédiats. Meta a enregistré une augmentation de 23 % du temps passé sur Reels aux États-Unis dans les trois mois suivant le ban. Mais la vraie surprise vient de RedNote (Xiaohongshu), l’application chinoise qui a paradoxalement bénéficié d’un afflux massif d’Américains frustrés par le ban — une ironie historique que les partisans du ban n’avaient pas anticipée. BeReal et d’autres alternatives ont également profité de la recomposition du paysage.
L’impact sur les créateurs et l’économie du contenu
Des milliers de créateurs américains avaient bâti leur activité professionnelle sur TikTok. Beaucoup ont réussi leur migration vers d’autres plateformes, emportant leur audience. Mais les plus petits créateurs, sans la notoriété nécessaire pour migrer leur communauté, ont vu leurs revenus s’effondrer. Les estimations de pertes pour l’économie des créateurs américains varient entre 1,3 et 2,8 milliards de dollars sur l’année écoulée.
La saga juridique continue
ByteDance a multiplié les recours judiciaires, arguant que le ban viole le Premier Amendement sur la liberté d’expression. Plusieurs juges ont émis des avis divergents. La Cour Suprême doit se prononcer sur le fond d’ici juin 2026 — une décision qui pourrait remettre en cause l’ensemble de la loi ou en valider définitivement les termes. Pendant ce temps, TikTok Global, la structure internationale de ByteDance, continue d’opérer normalement partout ailleurs dans le monde.