Défense & Guerre
Iran, Turquie, Chine : la course aux drones militaires qui inquiète l’Occident
Le Bayraktar turc, les Shahed iraniens, les Wing Loong chinois : la prolifération des drones militaires chez les puissances régionales redessine la carte géopolitique mondiale. Analyse.
Longtemps réservés aux États-Unis et Israël, les drones militaires avancés se démocratisent à grande vitesse. Des acteurs régionaux ont développé leurs propres capacités, parfois avec des résultats surprenants. Cette prolifération inquiète les capitales occidentales et redistribue les équilibres géopolitiques.
La Turquie et le phénomène Bayraktar
Le Bayraktar TB2 turc est l’une des grandes surprises militaires de la dernière décennie. Ce drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) produit par Baykar a prouvé son efficacité en Libye, au Haut-Karabagh et en Ukraine, là où des blindés russes ont été détruits à des coûts défiant toute concurrence. La Turquie en a vendu à plus de 30 pays, devenant un exportateur militaire de premier plan inattendu.
Baykar travaille désormais sur le Bayraktar TB3 (décollage sur porte-avions) et le Kizilelma, un drone de combat furtif et supersonique. Ankara s’affirme clairement comme une puissance drone.
L’Iran et les Shahed : l’arme des mandataires
Le drone suicide iranien Shahed-136, surnommé « tondeuse à gazon » pour son bruit caractéristique, est devenu tristement célèbre pour ses frappes sur les villes ukrainiennes. Peu cher (environ 50 000 dollars l’unité), peu rapide, mais difficile à intercepter en grand nombre, il illustre parfaitement la stratégie de saturation. L’Iran a livré plusieurs milliers de ces drones à la Russie, violant les sanctions internationales. Ses versions améliorées, les Shahed-238 à réaction, s’avèrent bien plus difficiles à abattre.